Le Grand Atlas – Maroc

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Depuis le début de notre voyage au Maroc, nous avons voyagé avec de nouveaux amis Suisses, Alexi et Anysia, que nous avons rencontré à un camping à Tanger. Ils viennent de commencer un voyage du tour du monde en tandem, alors nous avons décidé de se joindre à eux pour faire une partie du Maroc. Nous avons fait nos premiers kilomètres d’adaptation de Tanger à Meknes (ils ont d’ailleurs écrit un article qui décrit vraiment bien ce qu’on a vécu!), pour ensuite changer complètement de paysage: aller dans le Grand Atlas.

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Je ne sais trop pas comment nous avons fait pour décider d’aller dans ces montagnes, mais en tout cas, c’était un décision à quatre. Réfléchie? Je ne crois pas, car lorsque nous avons atteint notre premier col près de 1900m, un homme qui travaillait au déneigement des routes nous a dit qu’au même temps, l’année dernière, il y avait déjà un mètre de neige… C’est vraiment à ce moment-là que nous avons réalisé dans quel genre d’aventure on s’était embarqué.

Pour la première nuit, nous avons voulu demandé à un berger, qui ne connaissait pas un mot de français, si c’était possible qu’on pose nos tentes sur ce terrain. Au bout d’un bon 5 minutes de mimes, notre ami Alexi à finalement réussi à faire comprendre ce qu’on voulait. L’homme a tout de suite accepté notre demande. Le froid s’installa vite et dès qu’on eu fini de manger, on entra dans nos tentes pour se réchauffer. Ronnie et moi, vraiment claqué, nous sommes endormi vers les 20h30. Le lendemain Anysia et Alexi nous ont informé que le propriétaire du terrain était venue nous voir vers 21h pour savoir si on avait besoin de quelques choses. Ils ont parlé ensemble pendant 5 minutes, juste à côté de notre tente, et on ne s’est jamais réveillé! On ne savait pas que notre sommeil était si lourd. On va continuer à bien vérouiller les vélos… Ce fut vraiment une nuit glacial, la température à atteint -7˚C. C’est peut-être mérité lorsqu’on décide d’aller à 2000m d’altitude au mois de décembre…

Mais ce froid ne nous a jamais fait regretté notre décision d’affronter ces montagnes. Les paysages furent dans les plus beaux qu’on ait jamais vu, et au delà de ça, le plus beau était les gens qui y vivaient. Une autre soirée passé dans le Grand Atlas, nous avons demandé de nouveau pour dormir à une maison au bord de route. La dame à qui nous avions fait la demande accepta sans hésiter. Nous avons donc monté les tentes et débuté le repas. Quelques instant plus tard, du thé et du pain maison nous était offert à domicile par la dame. Nous étions ravie, mais ce n’était pas fini. Dès que son mari a su notre présence, lui et ses enfants sont venu nous chercher. Même s’ils savaient très bien que nous avions déjà mangé, nous avons quand même eu droit à un deuxième repas que nous avons mangé comme si c’était le premier. Les tentes étaient déjà toutes monté, mais il n’était pas question pour eux de nous laisser dormir au froid. On accepta finalement leur offre, en laissant les tentes à l’extérieur. Le lendemain matin, nous avons un peu regretté ce choix. Les chiens errants ont bien aimé avoir deux nouveaux jouets… Les deux tentes avaient de l’urine et des déchirures aux toiles… Une nouvelle occasion pour redécorer la tente avec plein de scotch! On saura pour la prochaine fois qu’on ne doit jamais laisser les tentes sans surveillance.

Un autre matin, lors d’une très grosse ascension où nous n’avions rien à manger et étions en train de «mourrir» de faim, nous nous sommes arrêté exceptionnellement à une petite auberge pour y déjeuner un buffet. Le propriétaire pratiquait le vélo de montagne et nous parla d’une piste qui suivait une petite rivière. Nous avions le choix de prendre cette piste de terre qui descendait tout le long, ou bien la route de pavé qui traversait des montagnes. Nous avons opté pour la piste de VTT risqué, sachant que de toute façon, elle ne durait que 20km. Jamais nous n’aurions cru par contre que ce 20km aurait prit 2 jours à traverser… On n’avait pas du tout les réserves de nourriture pour tout ce temps, mais heureusement, avec la générosité des gens, nous n’avons jamais eu faim. La piste me faisait penser à lorsque je faisais du vélo de montagne, sauf que j’ai appris que avec toutes les bagages, il fallait rouler prudemment. Dans une descente où j’allais trop vite, j’ai dérapé et je suis tombé de mon vélo… J’ai eu un violent coup au genou, ma sacoche de guidon a renversé (où toutes les choses importantes s’y trouve) et j’ai cassé le levier de mon frein arrière… Après avoir tout retrouvé ce qui s’était éparpillé partout, on a repris la route malgré mon mal de genou.

La nuit approchait et nous avons vu une femme qui habitait une maison complètement perdu au milieu de nulle part. Nous avons demandé si c’était possible de mettre notre tente sur leur terrain et comme d’habitude, il n’y avait pas de problème. Nous avons ensuite rencontré son mari, Lahouyseï, un homme merveilleux qu’on n’oubliera jamais. Nous avons passé une soirée magique dans la chaleur de leur foyer. Par contre, au moment d’aller à la tente, je réalise que je n’était aucunement capable de plié mon genou et il était très enflé. Ce n’était vraiment pas le moment d’avoir une blessure à l’endroit où nous étions.

Le lendemain, heureusement, mon mal avait diminué et j’étais capable de pédaler. Les amis ont pris un peu de mes sacoches pour m’aider et nous étions à nouveau sur cette piste. En fin d’après midi, nous roulions enfin sur le pavé et des gardes forestiers nous ont offert de nous héberger. Génial! L’asphalte était apprécié, mais malgré tout, les derniers kilomètres de monté avant de se rendre à leur campement ont été très difficiles. Nous avions vraiment tout donné notre énergie sur la piste… Une fois rendu là, on a pris une bonne douche et mangé un bon repas.

Ceci n’est qu’une petite partie de ce que nous avons vécu dans l’Atlas. Des rencontres chaudes comme ça nous en avons eu plusieurs. Ces gens qui vivent dans les montagnes nous ont démontré que c’est vraiment ceux qui ont le moins d’argent qui sont en fait les plus riches, et les plus généreux. Une autre chose que l’on a appris aussi, c’est à quel point nous avons perdu nos savoirs-faire. La famille de Lahouyseï, qui habitait en plein milieu d’une route impraticable en voiture,  pouvait faire leur pain eux-même avec leur propre farine, faire pousser leurs propres légumes naturels, produire leur fil à partir de leur propre laine, et j’en passe. Des gens inspirants, qui nous prouvent que c’est bel et bien possible d’avoir une petite ferme autosuffisante. Ce fut vraiment impressionnant de voir pour la première fois des gens qui vivent autant en autonomie.

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Notre plus haut col dans l’Atlas! 2752m

 

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